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Conférence de Massimo Leone  (Université de Turin, Université de Shanghai) “Les animaux masqués” (ULiège, 18/01/2023)

Nous avons le plaisir de vous annoncer la conférence qui sera donnée par Massimo Leone (Université de Turin, Université de Shanghai, Fondation Bruno Kessler et prof. invité à l’Université de Liège) le 18 janvier prochain à l’Université de Liège sur «  Les animaux masqués ».

Resumé
La Bibliothèque des Arts Décoratifs de Paris possède un exemplaire du catalogue de 1865 d’un fabricant de masques de Mannebach, Thuringe, Allemagne. Il présente vingt-quatre masques, répartis en deux feuilles et autant de catégories : à droite, des masques représentant des types exotiques humains, des visages grotesques et des visages diaboliques ; à gauche, des masques animaliers : un cheval, un âne, un chat, un ours polaire, etc. 
Depuis l’Antiquité, de nombreuses cultures humaines ont fabriqué des masques sous l’apparence d’animaux non humains. Le phénomène est abondamment étudié en anthropologie et dans les disciplines connexes ; il existe une abondante littérature sur le sujet, bien que tous les aspects n’aient pas été clarifiés. Pourtant, un autre phénomène symétrique est beaucoup moins étudié : non pas les masques ressemblant à des animaux non humains revêtus par des humains, mais les masques ressemblant à des animaux humains revêtus par des animaux non humains. La difficulté d’écrire et de comprendre ce que signifie cette dernière phrase, comme s’il s’agissait d’une charade ou d’un virelangue, signale l’énigme philosophique d’un animal non humain portant un masque représentant un visage d’animal humain. 
La conférence se concentrera sur plusieurs études de cas, afin de s’interroger sur ce qui se passe, du point de vue sémiotique, phénoménologique et anthropologique, lorsqu’un masque humanoïde est imposé sur le museau (ou devrions-nous dire « le visage » ?) d’un animal non humain. Les exemples comprendront : les masques de protection pour animaux non humains, depuis ceux qui sont devenus courants après la Première Guerre mondiale pour les défendre sur le champ de bataille contre les attaques au gaz jusqu’aux masques antifumée et même anti-COVID pour animaux non humains commercialisés ces dernières années ; les masques ludiques, comme les masques humanoïdes pour animaux de compagnie récemment en vente sur Amazon ou ceux imposés aux macaques enchaînés et transformés en singes-marionnettes dans les rues de Jakarta, capturés par l’artiste photographe finlandaise Perttu Saksa dans son horrifiant album A Kind of You (2012) ; les masques d’apparence humaine imposés aux animaux non humains da
ns les arts, depuis ceux à travers lesquels les souris juives de Maus (1980-81) d’Art Spiegelman tentent de se faire passer pour des cochons nazis jusqu’à Human Mask (2014), l’inquiétante vidéo d’art de l’artiste français Pierre Huyghe montrant un singe post-nucléaire revêtant un masque de théâtre nô japonais ; les vidéos virales dans lesquelles des singes ou d’autres animaux non humains semblent porter intentionnellement des masques humains ; enfin, la mort d’animaux non humains asphyxiés par des masques chirurgicaux humains jetés dans l’océan et ailleurs pendant et après la pandémie. Tous ces exemples et facettes du phénomène renvoient à la même question centrale : qu’est-ce que cela révèle, sur le visage humain, lorsque des humains font porter des masques de type humain à des animaux non humains ?


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
edarmenio (16 janvier 2023). Conférence de Massimo Leone  (Université de Turin, Université de Shanghai) “Les animaux masqués” (ULiège, 18/01/2023). Centre de Sémiotique et Rhétorique. Consulté le 21 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/mlew


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